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    Sans titre ni vernis

                                                            © Clo Hamelin 

    Comme il a été long d'être seule

    parmi ces foules effroyables.

    Comme il a été cruel et navrant

    de se voir dépréciée sans aucune raison.

    De vaguer par un monde désenchanté de tout.

    De toujours achopper sur de rudes tristesses.

    Si bien qu'il a fallu m'échapper au long cours.

    Une fois abordée aux rives adéquates,

    je t'ai enfin connu, fidèle compagnon.

    Comme il est adorable de s'être ré-unis,

    enfouis dans les jardins.

    Nulle forêt n'est trop dense pour servir de tanière.

    Nulle mer n'est trop spacieuse pour accueillir nos cœurs.

    Restons là tous les deux au creux de la bruyère,

    à s'inonder de soleil et de fleurs.

    Ami de toute éternité,

    nous referons les chemins à l'envers,

    nous cueillerons des pépites légendaires,

    nos sens plongés dans des épîtres salvateurs,

    juste connus de nous.

    Nous ne nous soucions pas de quelque gratitude,

    notre art est trop souverain pour être célébré.

    Il ne prête pas son flanc à d'amères critiques

    nées d'une vanité révérée du public.

    Laissons pester les chiens et les langues vibrer,

    adonnons-nous à ce qui nous est confié…

     

     

     


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    Printemps létal

                                                           © Clo Hamelin 

    La saison du regain frappe à la porte close.

    Aux fenêtres impassibles, les oiseaux sont en fête

    Vent de terre déchaînant les relents méphitiques

    d’une attaque soudaine, ébranlant tous les corps.

    Nous restons interdits, inquiets et méprisés.

     

    Les rues comme esseulées hantent douloureusement

    Au long des villes nues, sans amour ni revif

    Promettent de vilains jours et de fatales nuits.

    Nous ne retrouverons plus l’allégresse initiale

    On nous a trop battus, dévalués, offensés.

     

    On a créé en nous le dégoût viscéral

    Nous sommes décillés irrémédiablement.

    Il a fallu ce germe pour rassembler nos forces

    Réaliser soudain que nous sommes à genoux.

    Et ne plus accepter cette pauvre pitance.

     

    Le printemps se réjouit de nous voir si vaillants

    Si éveillés et prêts à soulever des montagnes

    De changer de décor, de lois, de paradigme

    Et de mettre à la porte l’immature tyranneau

    Ainsi que sa traînée d’inconséquents larbins.

     

     Emergeons de tous nos tombeaux d’habitude

    Quittons nos hardes blêmes, nos idées corrompues

    Après cet ouragan infâme sur nos têtes

    Retissons les branchages de l’authenticité

    Redevenons l’Humain que l’on a oublié  

     

    La saison du regain est à la porte ouverte.

    La terre nous remerciant de cette âpre ordalie

    Chantons le merle bleu, les cerises offertes

    Le pouvoir de nous-mêmes, les ami(e)s retrouvé(e)s

    Libertés re-conquises sur les plaies du passé.

     

     


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    Passante, je suis

                                                                                        © Clo Hamelin

     

    Je passerai par la porte du mur,

    nourrie du mycellium céleste.

    Je n'attends rien de particulier,

    sauf à en sortir la plus humble possible.

    Reconnaissant mon ignorance,

    plus courageuse sans témérité,

    plus sage sans outrecuidance,

    moins impatiente devant l’inertie,

    plus empathique face au tyran.

    La sapience essentielle contre l'adversité.

    Je passerai par la porte du ciel,

    éclaboussée d'écume.

    Revenant d'outre-monde soulagée du retour,

    je saluerai les vestiges anciens

    qui nous ont assombris,

    sans aucune vindicte,

    mais juste pondérée,

    je passerai près d’eux, balayant l’aversion.

    Je ne suis que passante, mais je n’oublierai pas…


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    Imagine…

                                                                © Dessin Clo Hamelin 

     

     

     

    Que deviendrions-nous sans l’insensé mythique,

    Fabuleuse gnosie berçant  lointainement…

    Ôdes éblouissantes qui rythment nos éthiques

    Que deviendrions-nous si le rêve s’estompait ?

    Si la légende obscure nous empêchait d’écrire.

    Attendrissante idée qui fleurit les papiers,

    abreuve les porte-plumes, étanche les pinceaux.

    Nourrit les têtes folles de perceptions soudaines, de nuages intrépides,

    de salamandres bleues qui enivrent les cœurs.

    Ami Pan, qui longe les rivières ivre de capiteux,

    mirifiques mycélium pour mieux peindre l’aurore.

    Jamais je n’oublierai tes tendres envolées, bourgeonnant au Parnasse

    pour mieux nous éclairer.

    Et toi chimérique Calliope qui cahote les mots,

    ouvrant tes voiles purs comme une eucharistie.

    Nous nous abreuverons à tes sources limpides.

    Instituant une terre où l’ingénu poète résidera en souverain.

    Mais jamais, non jamais, la flibuste canaille,

    éprise de prébendes ne nous éliminera.

    Jamais Ô grand jamais, le spoliateur haineux

    N’étouffera nos vers, ne nous dégradera.

    Car la veine champêtre aura force de loi.

    Perdurera par dessus les vallons,

    une lyre délicate au cœur de nos chansons.


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