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                                                                      © Clo Hamelin

     

    Tu m'emmèneras demain, mon amour éternel

    Me prenant par la main sur les chemins d'automne

    Vers des campagnes secrètes que je ne connais pas.

    Mon amant, mon mari, mon compagnon de route,

    Nous fêterons ensemble le jour de ma naissance,

    Comme une jeune épousée, le sourire dans la tête,

    Le cœur en bandoulière, je coulerais dans tes pas.

    Et nous goûterons radieux au vin d'adolescence

    Les papilles réjouies de tant de mets joyeux.

    Les routes défileront par la fenêtre ouverte

    Septembre mordoré en ses souffles poudrés

    Remplira nos narines d’un air dépaysé

    Nous sourirons de joie sous la lune en berceau,

    Léger frémissement du vent dans les rideaux.

    Tu m'emmèneras demain par les routes offertes

    Aux surprises joyeuses, vers des campagnes secrètes.

     


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    Les meilleurs d'entre nous…

                                                            © Clo Hamelin 

    Au loin dans les volutes bleues

    De la tempête à peine éclose

    Je vois des lueurs

    Des grognements féconds

    Des gravas de silence,

    Des prières Importunes,

    Des jurons indécents, qui grossissent les rangs

    Comme une marée rouge

    Ils franchiront l’obstacle

    Entreront de leur force au mitan des pouvoirs

    Remueront de leurs mains les entrailles béantes

    De toute cette amertume dont ils nous ont nourris.

    Si le sang pouvait ne pas être versé

    Si ceux que l’on dit « grand » pouvait changer

    d’épaule leur fusil qu’ils dirigent vers tous ces démunis.

    Mais ce qu’il reste c’est la matière

    La lumière, l’antre de nous, ce que nous sommes, réellement.

    Le réel de nous, le meilleur.

    Comme il est dit : aristocrates, les meilleurs d’entre nous.


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    Reclus

                                                             "Anima Mundi" Clo Hamelin Lait de cire et pigments

     

    Les rues de pluie esseulées, 

    les ombres passent sur les murs s’éloignant d’elles-mêmes 

    La confusion embrume tout et tous. 

    Des musiques insignifiantes synthétiques nous abreuvent de leurs notes banales. 

    Une trahison des oreilles. 

    Des écrits sans saveur dénués d’ardeur encombrent les librairies, 

    pauvreté de l’esprit.  

    Le taxi jaune prend la rue droite qui mène à l’arrière-monde. 

    C’est une sphère déjantée, un milieu sans éthique. 

    La Médiocrité Reine. 

    Le théâtre ouvert à toutes les corruptions, à toutes les bassesses… 

    J’ai vu tant de putrescence, d’abandon et d’opprobre,  

    à devenir aphone. Sens méningités, mais regard dessillé. 

    Faire toujours le même travail pour que les gens te reconnaissent et ne se paument pas.  

    Pauvres chétifs de l’âme, il leur faut des repères, sinon ils sont fichus. 

    Habitués qu’ils sont à la banalité, à l’indigence des mots.

    Des mots qu’ils ne comprennent plus et confondent avec d’autres.

    D’Hui n’est plus un jour, il est plusieurs. 

    Mais il ne faut pas mollir, il faut subsister comme artiste 

    car ils se retourneront contre nous. 

    Qui ne savons plus où nous rendre dans les images de couleur. 

    Abreuvés de tant de modèles et d’histoires. 

    Mais l’on continue malgré tout, le chemin est ouvert, la fin approche… 


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                                                                  © Clo Hamelin  

                                                                        

    Nous ne pleurerons plus sur vos forfaits immondes

    Nous prétendons goûter à de saines entreprises

    Ne plus prêter le flanc à vos sordides méprises

    La vie est ainsi faite que nous ne pouvons plus

    rengorger nos disputes et nos adversités,

    nos fiertés de nous-mêmes, nos egos infatués

    On ne peut plus laisser faire de telles actions putrides

    On ne peut laisser faire les rats dans nos affects

    Faufiler au travers de notre humanité

    Il y a trop d’algarade, de friction et de heurts.

    Ne pouvez-vous comprendre les choses en profondeur

    Elles ne se situent pas dans le gain et l’opprobre,

    Que cela ne sert à rien de remuer la raclure.

    Que juste la douceur, clémence en son beau nom

    Peut apporter bien plus qu’une vile aventure.


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