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    Les calottes du Ciel

     

    Les temps deviennent incertains.

    Les vagues s’accordent aux vents 

    et submergent les grèves.

    Nos grèves lyriques et sableuses.

    Les masques fleurissent.. 

    Les masques de la fable aussi.

    On a peur.

    Des injonctions venues d’en haut

    emprisonnent les mouvements, entravent les mots.

    Un vent délétère rase les têtes. 

    Nous sommes malades.

    Rendus morbides par leur défiance, leurs incuries, 

    leurs inavouables bévues.

    Allons-nous laisser ainsi les jardins du ciel s’altérer…

    Allons-nous continuer à rester à genoux…

     

     

     


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    Goutons…

     

    Goutons la vie ! cette perle élégante.

    Car il n’y a plus qu’elle !

    Chaque instant suprême.

    Chaque geste au hasard de mouvements vacillants,

    chaque clin de paupière signe le défilement.

    Chaque mot à mesurer, car trop sourd.

    Chaque geste à toiser, car trop lourd.

    Chaque pensée à peser, car peu amène.

    Décision d’un jour que l’on croit décisive mais qui n’est que désir passager.

    Envie, traitresse envie.

    Désir, puéril désir.

    Mais que restera-t-il de tous

     ces beaux ressorts,

    de toutes ces belles envies,

     toutes ces réussites,

    vagabondes incertaines…

    quand, en notre couche dernière,

     au bord du précipice, 

    nous demanderons à boire

    encore une dernière fois.


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    La vie antérieure

    Un alcool fruité déborde de ma tête.

    Baudelaire mon ami, que j'étreins, que je fête.

    Tes fureurs alambiques mêlent à mes cris de joie une ténébreuse peur de ne plus me connaître.

    L'alentour dans mes aperceptions je reconnais la vie, les sens essentiels qui ravivent la nuit.

    La vapeur parfumée de cet ambre soyeux qui irrigue mon esprit pour de plus amples proses.

    J'enlace à m'en saouler de sensibles vocables, qui teintent vers le ciel des étreintes matinales.

    État de conscience modifié par les brumes de la terre.

    Résine stupéfiante de lucidité, transcendantale extase, dérangeante à la fois.

    Mais ils n'aimeront pas. Ânonnant avec peine mes mots tant recherchés.

    Me trouveront désuète, copieuse d'un autre temps, une vieille aventure qu'ils aiment louanger tout autant, et baptiser du nom de mon inspirateur leur prix ou leur médaille qu'ils ne me donneront pas.

    Oui, je le dis et le clame, Baudelaire de mon âme et ses frères incendiaires ont empli tant de fois mon cœur de langueurs que vous ne pouvez pas rester sans l'ignorer.

    Est-ce que vos choix ultimes ne dépendent que de vous, de vos indigestions, de vos maux de genoux, de votre mal de vivre, d'être mal réveillé un début de semaine, d'avoir les poches vides ou la tête engourdie ?

    Et si cela était, je n'y peux vraiment rien, seuls les mots des poètes vous rendraient plus aimables.

    Messieurs des temps "modernes" et si "contenpourien" vous croyez nous apprendre ce que poème veut dire, car chacun qui vous frise, et qui se dit poète, ne s'inspire que de rien, vont chercher dans les modes de monotones phrases, que vous penserez céleste alors qu'elles sont si plates.

    Mais c'est le temps qui nous veut ça, et la médiocrité qui va avec cela.

     


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    La vie des ombres dans la nuit

    Notre chambre repliée dans l'ombre de ses coins

    Comme un mouchoir secret que l'on n'a pas ouvert.

    Chaque objet se calfeutre, laisse pointer un détour

    Un sac pendille au mur comme un oiseau blessé

    L'ombre de l'abat-jour grandissant au plafond en géant silencieux

    Les vêtements tombés au sol laissent des corps assoupis

    Brille de l'autre côté du sombre une bordure de coffret,

    On dirait un lingot, juste une incrustation de nacre et de patine.

    Un tambour dans un coin appelle de sa peau la lueur de mes mains.

    La flûte boisée cachée dans son étui s'endort sur un arpège à peine dévêtu.

    Une punaise verte au parfum de coriandre pointe son bruit d'aile sourd au détour

    d'un montant de la fenêtre entrouverte.

    Je ne suis pas des plus accueillante à cet insecte brailleur,

    il va devoir s'en retourner vers ses tomates sucrées.

    Une robe de chambre pendue à la patère attend le bon matin pour renaître à nouveau.

    Une cotonnade de pyjama a été délaissée par un corps dénudé recherchant la fraîcheur 

    Tout semble au repos dans le sombre étoilé. 

     


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