• Sans titre


    votre commentaire
  •  

     

    Doucement petite…                                                                              

     

     

    Comme il est bon d'être un petit enfant.
    De sentir dans sa mère l'odeur de l'abandon.
    Sa peau veloutée comme une mousse au printemps.
    Un sourire vivifiant, qui vous remet debout.
     
    Évocation noyée par le pastel du temps.
    Un souvenir, comme un vieux pull fané
    qui revient par lambeaux le long des âges.
     
    Le goût des biscuits blonds dans le vin des griefs.
    Le grand fauteuil profond, juste un petit crapaud.
    La grandeur des maisons, d'une allure étriquée.
    Les foisonnants jardins, juste un petit recoin.
    Et qui servaient si bien aux aventures ludiques.
     
    Au parfum de menthe bleue et d'exquises marguerites
    que l'on coupait menue pour un frugal repas
    Arrosé de breuvages au goût acidulé.
     
    Des poupées renversées, des peluches épluchées.
    Des escapades furtives pour se faire oublier
    Et revenir penaude redemandant sa gifle. 
     
    Comme il était intense de se sentir bridée
    après d'âpres semonces et des malentendus. 
    Et de toujours promettre de ne plus recommencer.
    Une simple incartade prise pour un vrai délit.
     
    Comme il est inquiétant d'être une petite fille.
    Si l'on pouvait reprendre cette trâme divine
    et la suivre pas à pas avec délicatesse,
    Comme il deviendrait bon de se sentir vivant. 

    votre commentaire
  •  

    Vous ne saurez jamais…

     

    Jamais vous ne connaîtrez nos endroits, nos lieux d’amour et d’échanges.

    Vous ne vibrez qu’avec la haine, le profit des autres, dénués d’éthique,

    juste l'inféodation du monde et de la joie.

    Donc, vous ne saurez pas.

    Vous réservez en vous-mêmes votre haine de nos vies.

    Vous rêvez de nous voir sous le joug de vos buts médiocres, de vos servitudes atroces.

    Vous demeurerez toujours comateux de nos exhalaisons, de ce qui nous anime.

    Vous ne nous connaissez pas…

    Mon allergie féroce contre vos flans, n’a d’égale que ma compassion envers vos perversions.

    Vous n’irez pas jusqu’au tréfond du ciel éclaboussé de bleu. Vous ne connaissez que l’opprobre, la flétrissure amère.

    Comme je vous plains, hommes de peu de foi, de peu d’extase, que celui de vos prébandes acides.

    Comment pouvez-vous jouir de tant d’éclaboussures…

    Vous perdez la Terre et son humus, sa joliesse au creux des vagues, au creux de son bois.

    Vous ne régnez que par cette salissure exempte de toute clémence.

    Allez-vous nous rendre la vie âpre à ce point que nous ne sachions plus qui nous sommes ?

    Allez-vous vous tirer des balles aux pieds, sans plus raisonner, et qui n’ordonneront rien de bon,

    juste à vous faire sourire, un plaisir prompt ? un contentement de vous, une arrogance caustique.

    Nous sommes las de vous entendre, de vous voir vous réjouir de nos corps affligés.

    Vos turpides, vos scandaleuses, vos innomables gestes dignes des temps anciens

    aboutiront  à la fosse glaireuse qui vous est due.

    J’aspire qu’au jour où le chaos assombrira la terre, nous soyons tous à nous réjouir

    de notre solidaire étreinte contre vos sensuelles incuries.


    votre commentaire
  •  

    Les Miraculé(e)s

                                                                                                      © Clo Hamelin                                                                                                 

     

    Débouler dans la vie presque nantis de rien.

    Enfants de géniteurs aux substances délétères,

    en pénurie d’amour, imbibés d’ignorance, aux bancales postures imprégnées de vapeurs et de gestes hasardeux,

    héritiers de la saveur immonde de vos précédents pères.

    Parents comme des touristes de l’accouplement.

    La grisaille au matin sans jamais s’éveiller avec le ventre plein

    et pleurer pour toujours de cette misère humide.

    Enfants s’extrayant des femmes chrysalides, vous portez malgré vous le désordre

    d’un monde infecté par le pouvoir inique,

    hideuse hiérarchie des hommes.

    Abandonnés aux bord de l’enfance, anges qui n’y sont pour rien,

    sortant de l’antre de la terre,

    qui reviennent alentour pour tester l’incertain

    Et qui se sortent si bien du bourbier parental pour s’en aller ailleurs,

    recoller les morceaux pleins de victoires au cœur.

    Enfants de fraîcheur et d’air pur qui ne demandent qu’à vivre

    et fouler l’herbe tendre, habités de sagesses ancestrales,

    retrouver par d’envolées astrales vos nuages de candeur.

    Vous combattrez le bilieux désenchantement du monde.

    Il nous faudra sans cesse retendre le métier pour finir par comprendre

    l’étendue de la vie et son puissant levier.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique