• Poèmes et Proses

    Poèmes
             
                 2018 © Clo Hamelin Tous droits réservés
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    L'Art des mots, les mots de l'Art

                                                                       "Paysage de l'Esprit" © Clo Hamelin

     

     

    La chose n’est pas le mot.

    Un arbre pourrait tout aussi bien se nommer fourchette ou vélo ou maison.

    Le mot n’est pas la chose.

    C’est un temps, un lieu où les mots semblent comme une excuse expliquer le motif du tableau.

    Un tableau qui touche au plus profond de soi n’a pas besoin de mots, il se suffit à lui-même.

    Si le mot le revêt, c’est qui lui manque l’essentiel.

    Seul un tableau pauvre, sans rien qui retienne le cœur, a besoin des mots pour l’habiller

    de valeur. 

    On s’étouffe de mots pour le légitimer.

    Les mots n’éclairent rien. Les mots encombrent tout.

    Si le peintre élucide son message par les mots, alors qu’il devienne écrivain.

    Ce n’est pas le propos de l’Art que de se justifier.

    L’Art n’a pas besoin des mots.

    A moins de s’en servir pour griffonner des nouvelles, des poèmes, des romans et des contes.

    Les mots endossent alors une robe de rêves et deviennent l’Art. L’art des mots.

    Les mots soudain anoblis par l’art de les composer trouvent leurs lettres de noblesse.

    Un mot comme un bateau accroché au bijou d’une plume, échoué sur une page blanche, dans une rature de trait.

    Un mot qui déclamera la joie, la plainte, une plainte comme une saignée sur le blanc du papier.

    Sur le blanc de la toile, de l’insondable blanc de la toile, de la page blanche profondément démesurée.

     

    Et le silence, lui, n’est-il pas plus éloquent ?

     

    Clo Hamelin (« L’Etoffe du cœur »)

     

     


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    Sans titre

                                                                                          © Clo Hamelin

     

     

    La machine sombre et implacable, munie de son détestable et putride malaise a bien mené son calcul.

    Au bord du précipice qu’elle s’est elle-même creusé, elle refuse d’y tomber.

    Et par de mauvais artifices, de piètres mensonges, de
    grotesques malfaçons, cette machine de chair, d’idéologie et de brutalité, de pouvoirs iniques et inassouvis,
    nous muselle sous des masques et dans l’isolement le plus sordide.
    Que va-t-il en sortir ?
    Par trois fois, ils nous ont cloués à nos portes comme au temps de la peste.
    Par trois fois, ils nous ont barbouillés de mensonges pour mieux nous injecter leur poison.
    Allons-nous laisser faire encore longtemps jusqu’à ne plus avoir le droit de nous lever ?
    Qu’avons-nous absorbés pour être aussi mutique ?
    Allons-nous nous laisser infecter sans un mot ?
    Allons-nous laissé nos enfants qui naissent ignorer ce qu’est un sourire ?
    N’allons-nous pas plutôt les traîner dans la boue dont ils nous ont couverts ?
    Leur peur bleue de se savoir vaincus, devant nos masses terriblement décidées à les voir passer à la fosse,
    les a fait concocter pour nous une mort méphitique.

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    Ailleurs, il y a l'Ailleurs…

                                                                             "Le Trou bleu" © Clo Hamelin 

     

     

    La bande de nuages lumineux

    à l’horizon du ciel

    éclaire les âmes qui cherchent la porte dans le mur.

    Le velours de l'herbe sous la pluie.

    Deux oiseaux verts dans la feuillée,

    sous la déchirure du ciel s'envolent vers d'autre branches.

     

    Le secret de la vie c'est de mourir avant de mourir, et de découvrir que la mort n'existe pas.

     

    Celui qui meurt avant de mourir, ne meurt pas lorsqu’il meurt.

     


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    Destinées…

     

    Entretenir au plus profond de soi la certitude que nous venons d'un autre monde.

    Un monde perdu par la bêtise, la brutalité de quelques-uns

    qui se sont crus meilleurs que d'autres.

    Ces quelques-uns qui ont rompu le fil céleste pour s'intégrer dans la matière.

    Qui ont fait de leurs semblables leurs doux esclaves.

    Nous avons gaspillé le monde, nous nous sommes fourvoyés en donnant la parole

    et permettant les actes de ces quelques-uns.

    Ils nous ont rendus factieux, rebelles.

     

    Installés sur la terre après un long voyage, vivant d'eau et de graines, de simples venaisons,

    égaux dans nos deux genres, sans ruse aucune,

    nous avons vu venir des hordes d'affamés qui nous ont pris des femmes,

    nos huttes, nos gibiers, ont souillé de leurs armes le creux de nos entrailles,

    nous ont assimiler sur notre propre terre.

    Ceux de nos rescapés ont appris la misère, et se sont enchaînés

    à une sensation de haine gardant le souvenir de ce qu'ils ont perdu.

    Depuis, leur cœur s'est durci.

    Et pour se protéger des futurs invasions ont tracé leur parterre, créant la possession,

    enfantant chaque année de nombreux descendants, pour mieux défendre la terre,

    reléguant au foyer leurs compagnes de route, qui chassaient

    avec eux aux temps pas si lointains,

    qui couraient, qui pêchaient, portant de lourdes charges, fortes

    de leur beauté et de leur courage,

    se sont vues entravées, et soumises, rabaissées, prostituées.

    Que sommes-nous devenu(e)s ?

     


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