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    La perte du Monde…

                                                                                    © Clo Hamelin 

     

    Entretenir au plus profond de soi la certitude que nous venons d'un autre monde.

    Un monde perdu par la bêtise, la brutalité de quelques-uns qui se sont crus meilleurs que d'autres.

    Ces quelques-uns qui ont rompu le fil céleste pour s'intégrer dans la matière.

    Qui ont fait de leurs semblables leurs doux esclaves.

    Nous avons gaspillé le monde, nous nous sommes fourvoyés en donnant la parole et permettant les actes de ces quelques-uns.

    Ils nous ont rendus factieux, rebelles.

    Installés sur la terre après un long voyage, vivant d'eau et de graines, de simples venaisons,

    égaux dans nos deux genres, sans ruse aucune,

    nous avons vu venir des hordes d'affamés qui nous ont pris des femmes,

    nos huttes, nos gibiers, ont souillé de leurs armes le creux de nos entrailles,

    nous ont assimiler sur notre propre terre.

    Ceux de nos rescapés ont appris la misère et se sont enchaînés

    à une sensation de haine gardant le souvenir de ce qu'ils ont perdu.

    Depuis, leur cœur s'est durci.

    Et pour se protéger des futurs invasions ont tracé leur parterre, créant la possession,

    enfantant chaque année de nombreux descendants, pour mieux défendre la terre,

    reléguant au foyer leurs compagnes de route, qui chassaient avec eux aux temps pas si lointains,

    qui couraient, qui pêchaient, portant de lourdes charges, fortes de leur beauté et de leur courage,

    se sont vues entravées, et soumises, rabaissées, prostituées.


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    Souvenances…

                                                                                    © Clo Hamelin 

     

     

    Tous mes dessins s'effeuillent au vent,

    Tous mes poèmes enfilent le temps.

    Toutes les paroles reçues et les gestes tendus,

    Tous les visages connus et les baisers reçus

    Retournent au passé… au présent, à demain.

    De tout cela je n’ai rien négligé,

    De les avoir connus, ce fut une fortuité

    De les avoir serrés.

    Mais quelle est cette larme à peine séchée

    S’abîmant sur ma peau ?

    Non, ne pleure nullement, et ne regette pas.

    Au souvenir de tant d’êtres passés, qui ont compté…

    Mes innombrables mères, mes pères par millier,

    Mes enfants devenus frère, mes sœurs devenues mère.

    Il a suffit d’un fleuve Léthé pour les y faire sombrer.

    Ils se sont perpétués, poussés d’un vent contraire.

    Souvenances d’étranges contrées, qui m’ont donné un goût obscur,

    Qui ne ressemble à rien.

    Regard sur le côté qui rappelle une étoile, une lointaine lueur,

    Dans un jardin caché, que je n’ai pas trouvé.

    Un quartier que je n’ai jamais vu, d’un baume évocatoire.

    Une ombre sur la muraille, rappel d’une victoire

    Après de longs combats

    De toutes les vies passées, celle-ci baigne mon cœur.

    Elle est si souveraine que j’en suis redevable.

    Elle est belle cette vie, même si sa déchirure quelquefois nous assaille.

    Même s’il nous faut pâlir devant tant de grisailles.

    C’est d'une sainte aubaine que d’être né vivant.


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    Rester en Soi

    © Clo Hamelin  

        

    Je pourrai rester ainsi sans penser des heures

    À ne rien faire, calmement, laisser le temps se faire

    Entrer le soleil dans mon âme en quiétude

    Ne jamais plus se lier aux tristes habitudes

     

    Écouter les râleurs lâcher leur raucité navrée

    Ne plus rien leur lancer par le ricanement

    Mais plutôt laisser faire et les laisser passer.

    Laisser passer, être une simple passante...

     

    Mais je ne peux par justesse de mes sens

    Autoriser l'insulte, le béotien, la brute épuiser l'essentiel

    Pour son propre avantage au détriment du vital

    Je resterai toujours même si le monde s'effondre

     

    À hurler avec les loups.

     

    Quelle autre quête

    Que de juste fleurir avec les saisons, boire l'eau de pluie,

    Courir sous le vent, peindre les nuages, caresser les vagues,

    Étreindre mon compagnon et voguer ensemble sur l'azur.

    Et tant d'autres ivresses sans jamais se lasser.

     

    Juste rester en Soi…

     


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    Sans titre ni vernis

                                                            © Clo Hamelin 

    Comme il a été long d'être seule

    Parmi ces foules effroyables,

    Comme il a été cruel et navrant

    De se voir dépréciée sans aucune raison.

    De vaguer par un monde désenchanté de tout.

    De toujours achopper sur de rudes tristesses.

    Si bien qu'il m'a fallu m'échapper au long cours.

    Une fois abordée aux rives adéquates,

    Je t'ai enfin connu, fidèle compagnon.

    Comme il est adorable de s'être ré-uni

    Enfouie dans les jardins.

    Nulle forêt n'est trop dense pour servir de tanière.

    Nulle mer n'est trop spacieuse pour accueillir nos cœurs.

    Restons là tous les deux au creux de la bruyère,

    A s'inonder de soleil et de fleurs.

    Ami de toute éternité,

    Nous referons les chemins à l'envers,

    Nous boirons à des sources inépuisées,

    Nous cueillerons des pépites légendaires,

    Nos sens plongés dans des épîtres salvateurs,

    Juste connus de nous.

    Nous ne nous soucions pas de quelque gratitude,

    Notre art est trop souverain pour être célébré

    Il ne prête pas son flanc à d'amères critiques

    Nées d'une vanité révérée du public.

    Laissons pester les chiens, et les langues vibrer,

    Adonnons-nous à ce qui nous est donné…

     

     

     

     


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