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    Matin…

                                                                                                       © Clo Hamelin

     

     

    Un bruit mécanique de tracteur qui rompt le ventre de la terre,

    suivi d'un brouillard de poudre d'humus.

    Dès sa disparition derrière la colline, tout redevient

    comme le calme primordial.

    Des ailes planent au-dessus des sillons.

    Un soleil de fin d'été caresse gentiment chaque chose. 

    Fraîche brise qui déploie sa force à la cime des frênes.

    Un clocher au  loin s'envole sur l'air.

    Retour du bruit mécanique.

    Les ailes noires corbesques s'étirent au loin.

    Une ligne bleue de montagne peint l'horizon.

    La masse d'acier jaune et verte apparaît à la crête.

    C'est un jouet d'enfant.


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    La bande de nuages lumineux

    À l’horizon du ciel

    Eclaire les âmes qui cherchent la porte dans le mur

    Le velours de l'herbe sous la pluie

    Deux oiseaux verts dans la feuillée

    Sous la déchirure du ciel s'envolent vers d'autre branches

    Le secret de la vie c'est de mourir avant de mourir et de découvrir que la mort n'existe pas

    Celui qui meurt avant de mourir ne meurt pas lorsqu’il meurt.

    En niant les spiritualités de l'Est on se prive d'une connaissance autrement plus proche du divin que nos religions occidentales.

     


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                                                            © Clo Hamelin 

                                                    

    Le silence de la terre

    Le silence de l'humus.

    Un silence bruissant de mille élytres

    Fourmillant d'ailes vibrantes.

    Fourmis volantes au nid de larves

    S'élevant aux nuages.

    Petites vies fragiles et nécessaires.

    Reflet cristallin de l'eau qui palpite sur la toile de soleil.

    La parallèle de la traînée dans le ciel

    Blanche sur le Bleu.

    Elle s'étire jusqu'à se perdre.

    S'étirer jusqu'à se perdre

    S'étirer jusqu'à grandir…

     

     

     


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  • Ecriture sur l'écrit

                                                              © Clo Hamelin
    Toujours debout à l'aube. J’avais ouvert les yeux sur le jour se levant, avec l’idée qu’à présent l’écriture serait mon chemin.
    Tant de désirs de créations, un seul à présent semblait à nouveau avoir la primeur.
    Le dessin m’enchantait, après une esquisse terminée, je rayonnais intérieurement.
    La photo me passionnait, aux promenades dans les lieux insolites que je figeais dans la nuit de la salle de bain transformée en labo.
    Où seul le halo rouge de la lampe guidait mes gestes dans l’obscurité de la cuve.
    Et en sortir comme par magie un cliché noir et blanc, aux contrastes de l’existence.
    Quant à la musique, une fée il y a longtemps s’était penchée sur mon berceau et m’avait dotée de cordes vocales à l’oreille musicale ;
    j’en jouais avec bonheur et chaque note était une compagne sur laquelle je m’envolais.
    C’est là que je m’épanouissais le plus physiquement.
    Et chacun autour de moi, les amis, me conseillant de plus en plus souvent de persévérer dans le chant.
    J'ai fait naguère la comédienne, assez souvent dans mes débuts, mais la mémoire m'a fait défaut après un gros chaos de voie public et de carlingue enfoncée, je décidais d'abandonner une scène sans en être peinée.
    Trop de choses à ailer, à choyer, sur lesquelles s'attarder.
    L’écriture était un monde à part.
    Secrète, faite d’une solitude qui fait que l’on s’y enfonce, d’une impalpable jouissance et d’une peur de s’y confronter.
    L’écriture était indocile mais sitôt qu’on l’apprivoisait et qu’on lui laissait vivre sa vie, c’était un orgasme des mots en entraînant d'autres, s'épanouissant dans leur sens respectif.
    D'autre fois plus rien.
    Une espèce de vide où l’on se sent incapable, où l’on se dit que l’on a passé un bon moment à délirer mais qu’il est impossible que ces quelques lignes tiennent la route.
    On n’a plus d’idées.
    La source est tarie.
    Les mots ont décidé de se taire.
    La feuille blanche est là, ou plutôt l’écran lumineux aux paramètres techniques et à la froideur toute informatique.
    L’abîme en est tout autant vertigineux.
    Le précédent écrit de cent soixante page était terminé après dix ans de chantier.
    Un chantier laborieux, bourbeux, cahotique, contradictoire et schizophrénique.
    Puis j’avais taillé dans la viande à grand coup de couper, couper-coller, gardant certains passage dans un fichier-reliquaire.
    Ces paragraphes donnant lieu plutôt à d’autres histoires, bien spécifiques.
    Mais j’avais pu considérer, enfin, le mot "Fin" comme définitif.
    Enveloppé dans du papier craft, le manuscrit pouvait désormais aller rejoindre les piles d’écrits
    dans les greniers secrets et érudits des éditeurs.
    Faire la queue dans leurs préférences.
    Attendre d’être rejeté ou lu, en partie, pour sans doute se faire rappeler à l'ordre de correspondre à la collection.
    Ou bien, si la bonne fée des Lettres s'est entichée de l'Histoire se voir peut-être choisi parmi les préférés pour s’afficher en devanture.
    On verrait bien.
    Quels étaient les critères ? je l’ignorais.
    Avec cette sale habitude d’aimer rêver je le comptais parmi les élus d’une maison d’édition.
    Vanité d’auteur ? Sans doute.
    Il n’en restait pas moins que l’anxiété m’avait habitée.
    En avoir peur quelquefois, et ressentir le regret de ne pouvoir s'y remettre, le mal de l'écriture.

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